16.08.17

Et si on partait dans un autre monde, cinq minutes ?

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Le temps d’un week-end, je me suis envolée avec Ophélie à la Citacielle du Pôle afin de découvrir un univers composé d’arches, sortes de contrées reliées et communiquant par dirigeables, issues de l’ancienne Terre. La jeune fille est une liseuse d’objets, ce qui signifie qu’elle parvient à vivre les émotions ressenties par les personnes ayant touché ledit objet auparavant. Mais avant tout, elle est passe-miroir. Discrète et résolue, on lui annonce un matin qu’on lui a trouvé un mari, et qu’elle doit partir sans retour pour un endroit qui lui est jusqu’alors inconnu.

Dimanche, j’ai dévoré le premier tome de la Passe-miroir, autrement dit Les Fiancés de l’Hiver. J’ai enchaîné avec le deuxième tome dans la foulée, et je n’en décroche pas.

Christelle Dabos, dont c’est le premier roman publié, a gagné le concours organisé par Gallimard visant à éditer un roman jeunesse en 2013. Depuis, l’ouvrage a non seulement été publié en Pôle fiction, mais également en Folio. Admettrait-on que les volumes initialement destinés à la jeunesse peuvent être lus également par les adultes ? J’en suis ravie, et je ne saurais que vous conseiller de suivre les aventures de cette jeune femme dans un monde toujours plus vaniteux et arrogant, dans lequel elle tente tant bien que mal de faire ses marques.

Vous l’avez aimé, vous aussi ? Est-ce que vous attendez le tome 4 autant que moi ?

 

10.08.17

Salut les lézards,

Vous avez l’impression que votre mois d’Août tourne à l’automne prématuré ? Allez, le côté positif, c’est que vous allez moins hésiter entre rester tranquille à bouquiner et plonger dans la piscine après avoir grillé au soleil.

Il me reste une bonne centaine de pages à lire avant de rendre ce pavé à celui qui me l’a prêté, mais il était trop urgent de vous en parler. J’ai de quoi vous faire patienter en attendant le retour de la chaleur.

Luke Rhinehart (en réalité Georges Powers Cockcroft) signe un ovni tout droit sorti de la fin des années 60, aka L’Homme-dé.

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Publié la première fois en 1971, il revient sur le devant de la scène ces dernières années en France avec une réédition aux éditions de l’Olivier. Largement subversif, l’ouvrage est d’ailleurs censuré dans pas mal de pays. Et comme tout ce qui est décrié, il est plus ou moins prévu d’en faire un film puisque Paramount aurait acheté les droits dudit livre à une époque. Ceci dit, ma soeur Anne ne voit toujours rien venir.

Sa lecture a tout d’abord été dense et contrariante; plonger dans son univers n’a pas été un jeu d’enfant pour moi. Mais à ce jour, je considère qu’il serait réellement dommage de passer à côté tellement les enjeux me parlent.

Laissez-moi vous expliquer un peu de quoi il retourne.
Luke Rhinehart est psychiatre à New York et du haut de sa trentaine, il s’ennuie. Terriblement. Sa vie n’a aucune saveur, aucune expérience ne saurait éveiller son intérêt ni même sa curiosité et son entourage, nous fait-il comprendre, est fade à en crever. Son travail, censément passionnant puisque d’utilité publique, ne le fait plus avancer (et ne parlons même pas de l’épanouir).

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Un soir, après une énième partie de poker, il comprend qu’il a envie autant d’aller se coucher, d’aller voir l’amie de sa femme, d’abandonner son projet de livre… De pas mal de choses. Et plutôt que de faire ce que son cerveau lui dicte de faire, par habitude, convention, raison, que sais-je ? Il choisit de laisser un jet de dé décider quelle envie prendra le dessus. Et quoi qu’il arrive, il se pliera à la décision impartiale des dés.

S’ensuit une véritable déconstruction de sa personnalité à travers de multiples expériences invraisemblables, à partir desquelles il nous explique sa vision de l’incohérence comme règle de vie, du fait que l’individu est divers et ne doit pas se contenter d’être ce qu’il semble plus ou moins être parce que c’est ce qu’il pense qu’il est. (Je vous ai perdu?) Il nous explique comment laisser parler ses plusieurs « moi » sans s’attarder sur son ego, et agir de manière complètement dénuée d’intérêt personnel.

Ce qui l’amène à agir de manière non conventionnelle, sans aucune considération de moeurs, et par là-même, nous fait amplement réfléchir à notre façon de vivre, façon de refouler nos envies et motivations tout en les extériorisant justement. Ce qui l’amène également à un bon nombre d’ennuis judiciaires et professionnels. Il se créé ici -presque (?)- une religion.

J’ai toujours peur de trop en dire, de trop analyser, de ne plus laisser de place au mystère alors je m’arrêterais ici. Sachez donc ne pas craindre quelques scènes qui pourraient vous faire lever un sourcil interrogateur, vous questionner sur votre manière de voir les choses, ou certaines un peu crues.

L’auteur, personnellement, a su me toucher et soulever de nombreuses questions que je savais latentes chez moi, et en cela, je l’en remercie et je saurais le relire dans quelques années afin d’en saisir toute l’essence.

Et vous ? Vous l’avez lu ? Il vous a plu ou non ?

 

19.07.17

Petit point lecture post-congés, c’est parti !

Il y a de ça un mois et demi environ, un premier roman commençait à faire des remous dans la presse et quelques-uns de mes collègues m’en parlait déjà comme d’un feel-good book à lire cet été. Cela n’a pas manqué, il s’agit de la meilleure vente de ce mois-çi (excepté messieurs Musso et Lévy, sans lesquels un mois de Juillet ne serait plus ce qu’il est, hm? Prenez-le comme vous le souhaitez) .

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L’auteure de La Tresse donc (Laetitia Colombani publiée chez Grasset), est scénariste et cela se ressent dans sa prose. Dans sa manière de construire la trame de son récit, dans les destins entremêlés de ces trois jeunes femmes devenues dures au mal par la force des choses. L’Indienne, l’Italienne, la Canadienne. Chacune poursuit son bout de chemin tant bien que mal dans des sociétés distinctes de par leurs cultures, mais pourtant si semblables dans leur rejet de l’adversité. Lecture rapide, mais efficace puisque l’on referme le volume avec un regain de motivation et d’envie d’avancer. Certains témoigneront d’un certain féminisme, mais je n’irais pas jusque là, car il s’agit du courage d’individus face aux maladies, castes et autres incidents de la vie que tout à chacun est amené à vivre, homme ou femme.

Lors d’un bref passage à la maison familiale, j’ai englouti Chaleur de Joseph Incardona aux éditions Finitude.

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Les Championnats du monde de sauna débutent à nouveau en Finlande et les deux favoris débarquent à l’hôtel plus ou moins décidés à remporter la finale du dernier jour : le vainqueur étant le dernier à quitter la pièce boisée chauffée à 110°c; température quasiment intenable pour un corps humain plus de 10 minutes. Incardona signe un roman drôle, incisif et pourtant amer car, sans vous fier aux péripéties légères tout au long du volume, vous ne pourrez en clore la lecture que sur une note plus nuancée.

J’ai également pu lire une enquête -enfin- du fameux Yeruldegger de Ian Manook et découvrir les steppes de Mongolie et la corruption d’Oulan-Bator.

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Un polar somme toute assez classique dans sa construction de l’intrigue, mais surprenant dans son fonctionnement puisqu’il s’agit ici d’une culture très peu connue en France. J’ai particulièrement aimé son allusion au fait que certaines parties de l’Histoire peuvent être survolées par les autochtones (le nazisme et le génocide de milliers de personnes, par exemple) tout comme d’autres le sont en d’autres endroits du globe (je pense notamment aux génocides de Genghis Khan). Ian Manook, nous explique sa démarche dans sa préface (disponible dans l’édition du livre de poche) et ce grand voyageur nous transmet sa belle/vraie/intransigeante vision des us et coutumes ainsi que des paysages de la Mongolie. S’ensuivent deux autres tomes impliquant notre commissaire, qui seront vraisemblablement les seuls et uniques. Jetez-vous dessus !

Je m’enfuis attaquer le dernier tome du cycle de Dune, avant d’attaquer deux petits bijoux (je l’espère en tout cas) dont je vous reparle très vite !

Love mes chatons,

20.06.17

Je ne vous ai pas oubliés !
Promis, j’ai juste pris le temps d’avaler quelques pages avant de revenir vous parler de mes préférées.

En tout premier lieu, je meurs d’envie de vous faire les louanges du Clan des Otori (oui oui, les trois premiers tomes) que l’on ne présente plus. Il y a de ça trois ou quatre ans, j’avais lu La Maison de l’arbre joueur de la même auteure, autrice, (?) – de Lian Hearn – que j’avais littéralement adoré, englouti, dévoré, rayez la mention inutile.

 

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Cet univers japonisant et féodal, dont les valeurs et les codes d’honneur régissent la vie sociale, est dépaysant et frais en même temps que brutal et acide. C’est ici la même poésie et le même monde qui se développe comme du velours au fil des lignes, avec un rythme suivant celui des saisons, des guerres et des trêves souvent courtes. On y découvre des personnages attachants de complexité, tiraillés qu’ils sont de par leurs obligations et souhaits futurs.

Tomasu vit à Mino, une ville tranquille dans laquelle sa famille coule des jours sans remous. Un soir cependant, le seigneur Iida, d’un clan ennemi, décime les habitants et met le feu aux bâtiments avant de s’en prendre à lui. Commence alors pour le jeune garçon une fuite dans laquelle il trouvera des responsabilités, des amis, l’amour, peut-être. Kaede, fille du seigneur Shirakawa vaincu autrefois, réside au château en tant qu’otage garantissant la trêve entre les diverses familles. Elle est maltraitée, mais n’en forge que plus de caractère. Elle ne sait pas qu’elle peut compter sur un soutien au sein des murs, mais les alliances sont parfois bien fragiles…

J’ai plongé sans retour et j’irai lire la suite sans aucun doute. J’imagine que bon nombre l’ont déjà lu, et ce serait un plaisir d’avoir vos avis !

Je reviens très vite avec le possible « roman de l’été » comme les médias commencent à le nommer (et c’est vrai qu’il est rafraichissant!), ainsi qu’avec un bon thriller à l’humour noir comme sait si bien le faire Carlos Salem.

Love,

 

22.05.17

C’est avec mon tout nouveau quart de siècle que je reviens parler du dernier Fred Vargas, fraichement terminé jusqu’à la dernière virgule.

J’ai entendu parler de polar depuis toute petite, et avec le temps, son nom est revenu régulièrement dans mon environnement, c’est donc naturellement que j’en suis venue à lire ses titres. Une ambiance particulière, un peu décalée et planante. Son commissaire, rêveur attendrissant et parfois agaçant.

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Adamsberg, donc, revenu de son Temps glaciaire, pose à nouveau un pied sous la pluie parisienne pour un cas de meurtre conjugal. Toujours dans ses brumes, un rien retient son attention, excepté l’affaire en cours. Un rien ? Vraiment ? Une petite araignée vient se glisser parmi ses « bulles gazeuses », ses proto-pensées, et y tisse sa toile, lentement. Alors le voilà reparti, sur les traces d’une bande de gamins ayant fait les 400 coups dans leur orphelinat quelques dizaines d’années auparavant.

Tout juste sortie de Sharko, j’avoue avoir mis du temps à me réhabituer à une ambiance plus conventionnelle (bien que délurée) mais il est vrai que c’est avec plaisir que l’on suit les errances du fameux « Jean-Bapt ». On se laisse aisément surprendre par les coups tordus et les révélations, malgré une fin un peu attendue à mon goût.

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Je vous le conseille donc si vous cherchez une lecture sans prise de tête qui vous fera parfois sourire, parfois flâner le nez en l’air dans les rues de Nîmes ou de Lourdes.

Ceci dit, vous ne trouverez nulle part ailleurs cette patte qui fait qu’à chaque nouvelle publication, Vargas vous emporte.

Love,

 

En passant

15.05.17

La forme, les belettes ?

On essaie de profiter du soleil, de la chaleur récente, malgré les 10h30 de présence sur le lieu de travail. Et s’il nous reste un minimum d’énergie après ça (la blague), on se pose avec un petit en-cas et des pages qu’on dévorerait bien par la même occasion.

J’entame le dernier Vargas ce soir, mais je viens vous parler rapidement du dernier Thilliez chez Fleuve noir (j’ai parfois l’impression de ne parler que de lui ici, donc je vais survoler afin de ne pas me répéter indéfiniment). Sharko, donc, est tout aussi haletant et instructif que les précédents opus. Le célèbre couple Lucie Hennebelle – Franck Sharko que l’on voit évoluer au fur et à mesure des années devient le chasseur chassé, leurs personnalité se modulent en fonction de leurs situations. Je déconseille au petit-déjeuner mais, avis aux amateurs de frisson, foncez !

Rapidement également, Le Meilleur de Bernard Malamud chez Rivage (ou Rivage poche) est considéré comme un ouvrage majeur de la littérature américaine, de ces « grands romans » à la Don Delilo (parmi bien d’autres). Ce qui est particulier avec ces oeuvres selon moi, c’est le ton désabusé et l’espèce d’état second dans lequel semblent se trouver les personnages principaux.

Roy, jeune homme en fin d’adolescence, part accompagné de son mentor tenter sa chance comme frappeur dans une équipe semi-pro de baseball lorsqu’une jolie brune l’en empêche de manière brutale. Le revoilà ensuite, la trentaine bien entamée, réminiscences de sa jeunesse, intégrant enfin son rêve, et se fixant pour objectif de devenir le meilleur joueur de baseball de tous les temps. Tout simplement. Mais tout ne va pas se passer exactement comme il l’avait prévu.
Un roman intéressant, dans le sens où j’y ai appris les bases d’un sport qui m’était jusqu’alors globalement inconnu, où sont exposées les paradoxes et complexités d’une personne face à la réalisation de ses rêves. Intéressant également car symptomatique de l’époque où il fut écrit, machiste et au final, très plat.

On se revoit très vite,

Love.

3.05.17

Bonsoir les lézards,

       Chose promise, chose due. Je reviens vous parler un peu des Mensonges de la mer du japonais Nahiki Kaho dont je vous avais laissé un court passage précédemment et que j’ai beaucoup apprécié pour sa douce poésie et sa sérénité. Le récit d’un jeune homme faisant le tour d’une île premièrement inconnue, et dont il a trouvé une vague analyse architecturale dans les dossiers d’un vieux professeur. S’étant mis en tête de terminer cette étude, il parcourt les bois et monts hantés des histoires traditionnelles des riverains. Le petit plus, la mise en parallèle avec la vision de l’île du petit dernier un demi-siècle par la suite.

Clairement, si vous recherchez un roman court et apaisant, je ne saurais que trop vous le conseiller.

          Je souhaitais m’arrêter un peu plus longuement sur le premier titre de Jean Hegland, paru originellement en 1996 et traduit récemment pour être publié par la maison Gallmeister. Dans la forêt a une couverture que l’on ne peut louper, et pour cause, je l’ai vu partout sur les réseaux sociaux depuis cet hiver. J’en avais globalement entendu beaucoup de bien et pourtant, certaines critiques semblaient affirmer que tout n’était pas bon à prendre.

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Le contexte est une Amérique somme toute contemporaine, dans laquelle évoluait Eva et Nell aux abord de leur majorité ainsi que leurs parents, dans tout ce que l’on peut qualifier de confortable (électricité, eau chaude, essence). Et ce jusqu’à ce que le courant soit interrompu quelques minutes par jour jusqu’à l’obscurité la plus totale. Tout vient à manquer, et voilà qu’il faut réapprendre à vivre sans ces petites choses qui font notre quotidien. Les deux adolescentes se retrouvent seules dans leur petite maison californienne rasant la forêt. Le courant reviendra d’un jour à l’autre, leur dit-on. Alors elles vivent chichement en attendant, alors qu’enfin l’évidence apparaît quelques mois après : les vivres se font de plus en plus rares et aucune lueur d’espoir- littéralement- à l’horizon. Des rumeurs circulent sur Boston, une fuite est considérée. Le tourbillon de la vie les entraînent et les voilà à devoir faire face par leurs propres moyens, dans tout ce que cela implique de disputes, de désespoir et de courage.

           Je n’aime pas venir ici pour vous parler de livres que je n’ai que moyennement, voire pas du tout, appréciés alors j’imagine que vous vous doutez que j’ai dévoré ce volume.

              J’ai pris ce livre comme une sorte de fable, nous appelant à revoir notre façon de vivre inconsciente, à nous rapprocher de ce qui fait l’être humain et sa survie primitive. J’avais lu des personnes dire que les deux jeunes filles étaient agaçantes, à se morfondre, à penser bêtement que la vie continuerait comme à son habitude après quelques temps. J’avoue que ça m’avait quelque peu refroidie. Mais j’imagine qu’il faut y trouver un parti empathique et se demander ce que nous ferions dans cette situation. Et effectivement, j’ai trouvé un courage grandiose à ces personnages englués de prime abord dans leurs mièvrerie adolescente, qui parviennent tant bien que mal à trouver leur petit bonheur dans une vie plus frugale.

J’espère vous avoir donné un tant soit peu envie d’y plonger afin de vous permettre de vous faire un avis, et ce serait assez cool de venir le partager par ici !

Love,

A très vite.