16.10.17

En coup de vent, j’aimerais vous conseiller

 

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Si vous êtes en manque de vacances,

Tangvald d’Olivier Kemeid aux éditions Gaïa

Per (Peter, Pierre?) Tangvald est né dans une famille norvégienne aisée et se laisse couler dans les flots tranquilles de sa vie jusqu’à ce que son père ne décide de le motiver un peu. Il lui fait prendre des cours de voile, et voici notre jeune loser parti faire plusieurs tours du monde, jalonné par ses conquêtes féminines. Une vie refusant l’ennui d’horaires de bureau et d’attente de week-end salvateurs. Une biographie d’un homme que l’on adore détester, qui sillonna le globe dans les années 70.

Si vous suivez les actualités, Imago de Cyril Dion aux éditions Actes Sud

Trois récits entremêlés habilement par le coréalisateur du documentaire Demain, primé  en 2016.  Nadr qui poursuit frénétiquement son frère Khalil depuis la Palestine jusqu’à Paris, Fernando qui traine ses souliers vernis de métro en bureaux, la tête haute et le regard méprisant. Et Amandine, au parcours semé d’embûches, qui s’isole dans les tréfonds d’une forêt pour ne plus entendre le bruit continuel de la civilisation qui l’oppresse. Et ces trois destins qui, subtilement, se rejoignent.

Si vous êtes d’humeur revendicative, Libres ! d’Ovidie et Diglee aux éditions Tapas 

Un joli manifeste, si ce n’est féministe, égalitaire, faisant tomber les tabous de la sexualité et projetant d’affranchir des diktats de notre société actuelle. Le tout illustré par la géniale Diglee, que vous pouvez d’ores et déjà découvrir ici.

Si vous avez un petit bout d’une dizaine d’années ou que, comme moi, vous aimez la BD jeunesse, La Brigade des cauchemars (T.1) par Franck Thilliez, Yomgui Dumont et Drac aux éditions Jungle Frissons

Quand l’auteur aux polars si bien documentés s’essaie à la BD, c’est également une réussite. Sous les dessins de Dumont et les couleurs de Drac, Tristan et Esteban s’immiscent dans les rêves des patients de la clinique d’Albert. A leurs risques et périls…

Si vous vous sentez l’âme d’une personnalité affirmée, Bakhita de Véronique Olmi aux éditions Albin Michel

Enlevée à 7 ans dans son Darfour natal, Bakhita traversera des déserts, des mers, jusqu’à la fin de son périple en Italie. Un roman que l’on pourrait penser dur de prime abord, mais qui nous infuse le courage de l’héroïne et sa force qui la propulseront jusqu’au rang de Sainte. Matière à réflexion, ce récit nous conte l’esclavage tout autant qu’une certaine vision de l’amour et de la joie.

 

A très vite mes chatons,

 

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27.09.17

Aloha mes p’tit loups,

L’Algérie dont parle Alice Zeniter et qui sera le point de départ du roman dont j’ai décidé de vous parler aujourd’hui est peinte par ses habitants et occupants de loin en loin comme parée de bijoux patinés et d’effluves épicées, bien que cette image ne soit plus qu’un fard aux yeux de certains autres.

L’auteure de L’Art de perdre paru aux éditions Flammarion, forte de ses documentations et récents voyages dans la ville blanche qu’est (que fut?) Alger, se confond presque avec un de ses personnages marquants que peut être Naïma, accoudée au bastingage d’un bateau.

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Avant cela vient l’histoire d’Ali, son grand-père. Son enfance, mêlée de rires, de découvertes, de traditions. Dans la maison située au coeur des Sept crêtes, la famille s’agrandit et se meut parmi les oliviers oscillant au gré de la brise étouffante. Survient alors cette révolution, guerre d’indépendance, les obligeant à fuir vers la France.

Puis l’on découvre celle d’Hamid, premier né de Yema, mariée à 14 ans au chef de famille ayant fait fortune puis exilé. Petit garçon faisant les cent pas dans le camp de Rivesaltes. Par la suite, Yema et Ali auront une dizaine d’enfants. Frères et soeurs qu’Hamid délaisse allègrement en rencontrant une jolie fille aux yeux clairs et en s’envolant pour Paris.

De cette union découle la troisième et dernière partie. Naïma survole le récit, parcoure la terre natale, tremble et cherche à savoir qui elle est, quand elle n’a pas la gueule de bois.

Ce roman purement bouleversant, renverse les certitudes, imprime un grand sourire sur vos lèvres, interpelle. Alors je me contenterait de vous le conseiller, en laissant se dessiner tranquillement les montagnes au creux de vos pupilles et frissonner dans le froid d’une cité de Normandie.

J’espère qu’il vous plaira autant qu’à moi.

A très vite,

« Et elle enrage de se sentir ainsi coincée entre deux stéréotypes, l’un qui trahirait, comme le pense Lalla, la cause des immigrés pauvres et moins chanceux qu’elle, l’autre qui l’exclurait du coeur de la société française. Par moments – comme là, comme maintenant- elle trouve profondément injuste de ne pas pouvoir être simplement Naïma et de devoir se penser comme un point sur une représentation graphique de l’intégration (…) Furieuse, elle donne un coup de pied dans le grillage qui longe les rails et celui-ci tinte faiblement, presque indistinctement, sous le choc. La petitesse de son geste de colère l’agite d’un fou rire nerveux – tremble, France, car j’ai heurté de la pointe du pied tes biens publics. »

 

14.09.17

Sous la pluie ? On part en Afrique, quelques heures avec La Tristesse des éléphants de Jodi Picoult chez Actes Sud.

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Jenna est une adolescente dont la mère a disparu après un drame survenu une dizaine d’années avant le début de sa quête. Un foulard, un billet plié en origami, qu’est-ce qui reste d’un manque ?

Personne ne sait ce qu’il est advenu d’Alice Metcalf après la mort d’une de ses collègues du refuge pour éléphants de la Nouvelle-Angleterre où elle était chercheuse avec son mari. Thomas Metcalf ne peut plus aider à répondre aux nombreuses interrogations de sa fille du fond de sa chambre d’hôpital psychiatrique.

Alors elle se tourne vers une médium aux cheveux couleur barbapapa et un ancien flic à l’humour teinté de Jack Daniel’s. Trio étonnant qui nous fait tour à tour sourire, lâcher une larme, aux cotés desquels on voyage dans une vieille auto brinquebalante, à vélo sous les lumières floues de la ville endormie, ou jusqu’au Botswana dans les souvenirs inscrits à la hâte dans des carnets d’une passionnée d’éléphants.

Sur la quatrième de couverture, on nous apprend qu’il s’agit là d’un subtil page-tuner aux effluves de surnaturel. J’ajouterai qu’avec une fin aussi inattendue et surprenante, on tient là une parfaite évasion grâce à laquelle on en sort plus riches.  Vous aurez envie d’y croire, d’en apprendre encore plus sur la vie de ces animaux majestueux.

Vous auriez envie de le lire ? Si vous l’avez lu, vous vous attendiez à … ÇA ?
Mes lectures, même quand je pense avoir fait le tour, sauront toujours me décontenancer, me rappeler qu’il me reste tant d’histoires à découvrir. C’est fabuleux et réjouissant.

Love, mes chatons
À très vite,

7.09.17

La reprise. La rentrée littéraire, le soleil qui se montre de moins en moins.
On se refait un moral avec une bonne lecture ?

Lovestar a été primé meilleur roman étranger et grand prix de l’imaginaire 2016. Premièrement paru chez Zulma (amour de mon coeur), c’est aux éditions J’ai lu que j’ai eu le plaisir de découvrir l’islandais Andri Snaer Magnason.

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Eric Boury nous traduit avec brio l’histoire du magnat LoveStar qui, fort de sa découverte de la communication qu’utilisent les oiseaux via des ondes, parvient à régir la mort, l’amour, et par là même, la vie des hommes sur Terre. Les humains, auparavant ultra-connectés grâce à l’électronique, deviennent hyper-connectés sans l’aide d’aucun fil. Sous couvert de liberté (qu’il limite en poussant à la consommation), il prône le bonheur et la simplicité enfin retrouvés. Indridi et Sigridur sont amoureux, peut-être trop selon certain, jusqu’à ce que la société de ce Dieu des affaires ne vienne mettre son grain de sel. Parfois, l’engrenage est si bien huilé que l’on y perd tout contrôle et que faire machine arrière semble compliqué.

Jolie dystopie, reprenant des codes d’un Roméo et Juliette sans fioritures, où l’ambition d’un homme à créer la société idéale peut compromettre un libre-arbitre déjà vacillant.

Vous l’aurez compris; si vous êtes à la recherche d’une bonne science-fiction, vous l’avez trouvée. Si vous avez aimé Fahrenheit 451 et 1984, ce sera définitivement votre came.

Alors ? Tentés ?

16.08.17

Et si on partait dans un autre monde, cinq minutes ?

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Le temps d’un week-end, je me suis envolée avec Ophélie à la Citacielle du Pôle afin de découvrir un univers composé d’arches, sortes de contrées reliées et communiquant par dirigeables, issues de l’ancienne Terre. La jeune fille est une liseuse d’objets, ce qui signifie qu’elle parvient à vivre les émotions ressenties par les personnes ayant touché ledit objet auparavant. Mais avant tout, elle est passe-miroir. Discrète et résolue, on lui annonce un matin qu’on lui a trouvé un mari, et qu’elle doit partir sans retour pour un endroit qui lui est jusqu’alors inconnu.

Dimanche, j’ai dévoré le premier tome de la Passe-miroir, autrement dit Les Fiancés de l’Hiver. J’ai enchaîné avec le deuxième tome dans la foulée, et je n’en décroche pas.

Christelle Dabos, dont c’est le premier roman publié, a gagné le concours organisé par Gallimard visant à éditer un roman jeunesse en 2013. Depuis, l’ouvrage a non seulement été publié en Pôle fiction, mais également en Folio. Admettrait-on que les volumes initialement destinés à la jeunesse peuvent être lus également par les adultes ? J’en suis ravie, et je ne saurais que vous conseiller de suivre les aventures de cette jeune femme dans un monde toujours plus vaniteux et arrogant, dans lequel elle tente tant bien que mal de faire ses marques.

Vous l’avez aimé, vous aussi ? Est-ce que vous attendez le tome 4 autant que moi ?

 

10.08.17

Salut les lézards,

Vous avez l’impression que votre mois d’Août tourne à l’automne prématuré ? Allez, le côté positif, c’est que vous allez moins hésiter entre rester tranquille à bouquiner et plonger dans la piscine après avoir grillé au soleil.

Il me reste une bonne centaine de pages à lire avant de rendre ce pavé à celui qui me l’a prêté, mais il était trop urgent de vous en parler. J’ai de quoi vous faire patienter en attendant le retour de la chaleur.

Luke Rhinehart (en réalité Georges Powers Cockcroft) signe un ovni tout droit sorti de la fin des années 60, aka L’Homme-dé.

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Publié la première fois en 1971, il revient sur le devant de la scène ces dernières années en France avec une réédition aux éditions de l’Olivier. Largement subversif, l’ouvrage est d’ailleurs censuré dans pas mal de pays. Et comme tout ce qui est décrié, il est plus ou moins prévu d’en faire un film puisque Paramount aurait acheté les droits dudit livre à une époque. Ceci dit, ma soeur Anne ne voit toujours rien venir.

Sa lecture a tout d’abord été dense et contrariante; plonger dans son univers n’a pas été un jeu d’enfant pour moi. Mais à ce jour, je considère qu’il serait réellement dommage de passer à côté tellement les enjeux me parlent.

Laissez-moi vous expliquer un peu de quoi il retourne.
Luke Rhinehart est psychiatre à New York et du haut de sa trentaine, il s’ennuie. Terriblement. Sa vie n’a aucune saveur, aucune expérience ne saurait éveiller son intérêt ni même sa curiosité et son entourage, nous fait-il comprendre, est fade à en crever. Son travail, censément passionnant puisque d’utilité publique, ne le fait plus avancer (et ne parlons même pas de l’épanouir).

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Un soir, après une énième partie de poker, il comprend qu’il a envie autant d’aller se coucher, d’aller voir l’amie de sa femme, d’abandonner son projet de livre… De pas mal de choses. Et plutôt que de faire ce que son cerveau lui dicte de faire, par habitude, convention, raison, que sais-je ? Il choisit de laisser un jet de dé décider quelle envie prendra le dessus. Et quoi qu’il arrive, il se pliera à la décision impartiale des dés.

S’ensuit une véritable déconstruction de sa personnalité à travers de multiples expériences invraisemblables, à partir desquelles il nous explique sa vision de l’incohérence comme règle de vie, du fait que l’individu est divers et ne doit pas se contenter d’être ce qu’il semble plus ou moins être parce que c’est ce qu’il pense qu’il est. (Je vous ai perdu?) Il nous explique comment laisser parler ses plusieurs « moi » sans s’attarder sur son ego, et agir de manière complètement dénuée d’intérêt personnel.

Ce qui l’amène à agir de manière non conventionnelle, sans aucune considération de moeurs, et par là-même, nous fait amplement réfléchir à notre façon de vivre, façon de refouler nos envies et motivations tout en les extériorisant justement. Ce qui l’amène également à un bon nombre d’ennuis judiciaires et professionnels. Il se créé ici -presque (?)- une religion.

J’ai toujours peur de trop en dire, de trop analyser, de ne plus laisser de place au mystère alors je m’arrêterais ici. Sachez donc ne pas craindre quelques scènes qui pourraient vous faire lever un sourcil interrogateur, vous questionner sur votre manière de voir les choses, ou certaines un peu crues.

L’auteur, personnellement, a su me toucher et soulever de nombreuses questions que je savais latentes chez moi, et en cela, je l’en remercie et je saurais le relire dans quelques années afin d’en saisir toute l’essence.

Et vous ? Vous l’avez lu ? Il vous a plu ou non ?

 

19.07.17

Petit point lecture post-congés, c’est parti !

Il y a de ça un mois et demi environ, un premier roman commençait à faire des remous dans la presse et quelques-uns de mes collègues m’en parlait déjà comme d’un feel-good book à lire cet été. Cela n’a pas manqué, il s’agit de la meilleure vente de ce mois-çi (excepté messieurs Musso et Lévy, sans lesquels un mois de Juillet ne serait plus ce qu’il est, hm? Prenez-le comme vous le souhaitez) .

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L’auteure de La Tresse donc (Laetitia Colombani publiée chez Grasset), est scénariste et cela se ressent dans sa prose. Dans sa manière de construire la trame de son récit, dans les destins entremêlés de ces trois jeunes femmes devenues dures au mal par la force des choses. L’Indienne, l’Italienne, la Canadienne. Chacune poursuit son bout de chemin tant bien que mal dans des sociétés distinctes de par leurs cultures, mais pourtant si semblables dans leur rejet de l’adversité. Lecture rapide, mais efficace puisque l’on referme le volume avec un regain de motivation et d’envie d’avancer. Certains témoigneront d’un certain féminisme, mais je n’irais pas jusque là, car il s’agit du courage d’individus face aux maladies, castes et autres incidents de la vie que tout à chacun est amené à vivre, homme ou femme.

Lors d’un bref passage à la maison familiale, j’ai englouti Chaleur de Joseph Incardona aux éditions Finitude.

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Les Championnats du monde de sauna débutent à nouveau en Finlande et les deux favoris débarquent à l’hôtel plus ou moins décidés à remporter la finale du dernier jour : le vainqueur étant le dernier à quitter la pièce boisée chauffée à 110°c; température quasiment intenable pour un corps humain plus de 10 minutes. Incardona signe un roman drôle, incisif et pourtant amer car, sans vous fier aux péripéties légères tout au long du volume, vous ne pourrez en clore la lecture que sur une note plus nuancée.

J’ai également pu lire une enquête -enfin- du fameux Yeruldegger de Ian Manook et découvrir les steppes de Mongolie et la corruption d’Oulan-Bator.

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Un polar somme toute assez classique dans sa construction de l’intrigue, mais surprenant dans son fonctionnement puisqu’il s’agit ici d’une culture très peu connue en France. J’ai particulièrement aimé son allusion au fait que certaines parties de l’Histoire peuvent être survolées par les autochtones (le nazisme et le génocide de milliers de personnes, par exemple) tout comme d’autres le sont en d’autres endroits du globe (je pense notamment aux génocides de Genghis Khan). Ian Manook, nous explique sa démarche dans sa préface (disponible dans l’édition du livre de poche) et ce grand voyageur nous transmet sa belle/vraie/intransigeante vision des us et coutumes ainsi que des paysages de la Mongolie. S’ensuivent deux autres tomes impliquant notre commissaire, qui seront vraisemblablement les seuls et uniques. Jetez-vous dessus !

Je m’enfuis attaquer le dernier tome du cycle de Dune, avant d’attaquer deux petits bijoux (je l’espère en tout cas) dont je vous reparle très vite !

Love mes chatons,