3.05.17

Bonsoir les lézards,

       Chose promise, chose due. Je reviens vous parler un peu des Mensonges de la mer du japonais Nahiki Kaho dont je vous avais laissé un court passage précédemment et que j’ai beaucoup apprécié pour sa douce poésie et sa sérénité. Le récit d’un jeune homme faisant le tour d’une île premièrement inconnue, et dont il a trouvé une vague analyse architecturale dans les dossiers d’un vieux professeur. S’étant mis en tête de terminer cette étude, il parcourt les bois et monts hantés des histoires traditionnelles des riverains. Le petit plus, la mise en parallèle avec la vision de l’île du petit dernier un demi-siècle par la suite.

Clairement, si vous recherchez un roman court et apaisant, je ne saurais que trop vous le conseiller.

          Je souhaitais m’arrêter un peu plus longuement sur le premier titre de Jean Hegland, paru originellement en 1996 et traduit récemment pour être publié par la maison Gallmeister. Dans la forêt a une couverture que l’on ne peut louper, et pour cause, je l’ai vu partout sur les réseaux sociaux depuis cet hiver. J’en avais globalement entendu beaucoup de bien et pourtant, certaines critiques semblaient affirmer que tout n’était pas bon à prendre.

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Le contexte est une Amérique somme toute contemporaine, dans laquelle évoluait Eva et Nell aux abord de leur majorité ainsi que leurs parents, dans tout ce que l’on peut qualifier de confortable (électricité, eau chaude, essence). Et ce jusqu’à ce que le courant soit interrompu quelques minutes par jour jusqu’à l’obscurité la plus totale. Tout vient à manquer, et voilà qu’il faut réapprendre à vivre sans ces petites choses qui font notre quotidien. Les deux adolescentes se retrouvent seules dans leur petite maison californienne rasant la forêt. Le courant reviendra d’un jour à l’autre, leur dit-on. Alors elles vivent chichement en attendant, alors qu’enfin l’évidence apparaît quelques mois après : les vivres se font de plus en plus rares et aucune lueur d’espoir- littéralement- à l’horizon. Des rumeurs circulent sur Boston, une fuite est considérée. Le tourbillon de la vie les entraînent et les voilà à devoir faire face par leurs propres moyens, dans tout ce que cela implique de disputes, de désespoir et de courage.

           Je n’aime pas venir ici pour vous parler de livres que je n’ai que moyennement, voire pas du tout, appréciés alors j’imagine que vous vous doutez que j’ai dévoré ce volume.

              J’ai pris ce livre comme une sorte de fable, nous appelant à revoir notre façon de vivre inconsciente, à nous rapprocher de ce qui fait l’être humain et sa survie primitive. J’avais lu des personnes dire que les deux jeunes filles étaient agaçantes, à se morfondre, à penser bêtement que la vie continuerait comme à son habitude après quelques temps. J’avoue que ça m’avait quelque peu refroidie. Mais j’imagine qu’il faut y trouver un parti empathique et se demander ce que nous ferions dans cette situation. Et effectivement, j’ai trouvé un courage grandiose à ces personnages englués de prime abord dans leurs mièvrerie adolescente, qui parviennent tant bien que mal à trouver leur petit bonheur dans une vie plus frugale.

J’espère vous avoir donné un tant soit peu envie d’y plonger afin de vous permettre de vous faire un avis, et ce serait assez cool de venir le partager par ici !

Love,

A très vite.

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