19.07.17

Petit point lecture post-congés, c’est parti !

Il y a de ça un mois et demi environ, un premier roman commençait à faire des remous dans la presse et quelques-uns de mes collègues m’en parlait déjà comme d’un feel-good book à lire cet été. Cela n’a pas manqué, il s’agit de la meilleure vente de ce mois-çi (excepté messieurs Musso et Lévy, sans lesquels un mois de Juillet ne serait plus ce qu’il est, hm? Prenez-le comme vous le souhaitez) .

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L’auteure de La Tresse donc (Laetitia Colombani publiée chez Grasset), est scénariste et cela se ressent dans sa prose. Dans sa manière de construire la trame de son récit, dans les destins entremêlés de ces trois jeunes femmes devenues dures au mal par la force des choses. L’Indienne, l’Italienne, la Canadienne. Chacune poursuit son bout de chemin tant bien que mal dans des sociétés distinctes de par leurs cultures, mais pourtant si semblables dans leur rejet de l’adversité. Lecture rapide, mais efficace puisque l’on referme le volume avec un regain de motivation et d’envie d’avancer. Certains témoigneront d’un certain féminisme, mais je n’irais pas jusque là, car il s’agit du courage d’individus face aux maladies, castes et autres incidents de la vie que tout à chacun est amené à vivre, homme ou femme.

Lors d’un bref passage à la maison familiale, j’ai englouti Chaleur de Joseph Incardona aux éditions Finitude.

Chaleur, incardona

Les Championnats du monde de sauna débutent à nouveau en Finlande et les deux favoris débarquent à l’hôtel plus ou moins décidés à remporter la finale du dernier jour : le vainqueur étant le dernier à quitter la pièce boisée chauffée à 110°c; température quasiment intenable pour un corps humain plus de 10 minutes. Incardona signe un roman drôle, incisif et pourtant amer car, sans vous fier aux péripéties légères tout au long du volume, vous ne pourrez en clore la lecture que sur une note plus nuancée.

J’ai également pu lire une enquête -enfin- du fameux Yeruldegger de Ian Manook et découvrir les steppes de Mongolie et la corruption d’Oulan-Bator.

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Un polar somme toute assez classique dans sa construction de l’intrigue, mais surprenant dans son fonctionnement puisqu’il s’agit ici d’une culture très peu connue en France. J’ai particulièrement aimé son allusion au fait que certaines parties de l’Histoire peuvent être survolées par les autochtones (le nazisme et le génocide de milliers de personnes, par exemple) tout comme d’autres le sont en d’autres endroits du globe (je pense notamment aux génocides de Genghis Khan). Ian Manook, nous explique sa démarche dans sa préface (disponible dans l’édition du livre de poche) et ce grand voyageur nous transmet sa belle/vraie/intransigeante vision des us et coutumes ainsi que des paysages de la Mongolie. S’ensuivent deux autres tomes impliquant notre commissaire, qui seront vraisemblablement les seuls et uniques. Jetez-vous dessus !

Je m’enfuis attaquer le dernier tome du cycle de Dune, avant d’attaquer deux petits bijoux (je l’espère en tout cas) dont je vous reparle très vite !

Love mes chatons,

En passant

15.05.17

La forme, les belettes ?

On essaie de profiter du soleil, de la chaleur récente, malgré les 10h30 de présence sur le lieu de travail. Et s’il nous reste un minimum d’énergie après ça (la blague), on se pose avec un petit en-cas et des pages qu’on dévorerait bien par la même occasion.

J’entame le dernier Vargas ce soir, mais je viens vous parler rapidement du dernier Thilliez chez Fleuve noir (j’ai parfois l’impression de ne parler que de lui ici, donc je vais survoler afin de ne pas me répéter indéfiniment). Sharko, donc, est tout aussi haletant et instructif que les précédents opus. Le célèbre couple Lucie Hennebelle – Franck Sharko que l’on voit évoluer au fur et à mesure des années devient le chasseur chassé, leurs personnalité se modulent en fonction de leurs situations. Je déconseille au petit-déjeuner mais, avis aux amateurs de frisson, foncez !

Rapidement également, Le Meilleur de Bernard Malamud chez Rivage (ou Rivage poche) est considéré comme un ouvrage majeur de la littérature américaine, de ces « grands romans » à la Don Delilo (parmi bien d’autres). Ce qui est particulier avec ces oeuvres selon moi, c’est le ton désabusé et l’espèce d’état second dans lequel semblent se trouver les personnages principaux.

Roy, jeune homme en fin d’adolescence, part accompagné de son mentor tenter sa chance comme frappeur dans une équipe semi-pro de baseball lorsqu’une jolie brune l’en empêche de manière brutale. Le revoilà ensuite, la trentaine bien entamée, réminiscences de sa jeunesse, intégrant enfin son rêve, et se fixant pour objectif de devenir le meilleur joueur de baseball de tous les temps. Tout simplement. Mais tout ne va pas se passer exactement comme il l’avait prévu.
Un roman intéressant, dans le sens où j’y ai appris les bases d’un sport qui m’était jusqu’alors globalement inconnu, où sont exposées les paradoxes et complexités d’une personne face à la réalisation de ses rêves. Intéressant également car symptomatique de l’époque où il fut écrit, machiste et au final, très plat.

On se revoit très vite,

Love.

13.08.16

Hello mes chatons,

Qu’est-ce que vous faites de beau en ce week-end prolongé? Tout est si calme, les villes sont vides. La chaleur, au contraire, est omniprésente. Alors, on va en tirer parti et se poser au soleil avec un petit rafraichissement.

Conseil du chef: Ciel d’acier, de Michel Moutot qui vient de paraître en poche aux éditions Points.

Aujourd’hui, je n’aurai pas de photo de la couverture à vous joindre, mais je vous invite à vous rendre sur le site de l’éditeur pour en découvrir un peu plus, et qui sait ? Savoir le retrouver facilement en librairie.

Si l’auteur est avant tout reporter à l’AFP (Agence France Presse), son style n’est pas uniquement factuel et il tisse sa trame avec brio. Mais son métier ne rend que plus réel son récit mettant en scène les ironworkers, ces indiens Mohawks qui ont construit les plus grands buildings américains.

Tout se base sur le 11 Septembre 2001, lorsque comme vous le savez, les deux tours du World Trade Center s’effondrent après les crashs de deux Boeing. John LaLiberté est Mohawks, son père a construit ces bâtiments. Alors, il lâche tout et prend ses gants, il aidera coûte que coûte à dégager les gravats.

Simultanément, l’on suit l’histoire de son père à l’époque de la construction de ces « Empire State Building de la génération des années 70 ».

Enfin, l’histoire remonte jusqu’aux début de l’apprentissage de la construction de gros œuvres par les indiens au Canada lors de « l’invasion des blancs apportant l’alcool ».

Je cours reprendre ma lecture, il m’en reste un peu et j’ai hâte de savoir comment la vie de John LaLiberté en 2001 a été impactée par l’accident mystérieux de son ancêtre en 1886.

Love,

6.03.16

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Vendredi soir, fin de semaine. 

     Tu sais que tu dois ressortir voir des amis, mais il te reste deux heures à tuer avant de te geler les doigts dans l’air froid du mois de Mars ?   J’ai ce qu’il te faut.
Alors sers-toi un verre, et installe-toi confortablement. Je te présente le nouveau Lemaitre, Goncourt 2013 pour Au revoir là-haut.

   A la suite de ma lecture dudit Goncourt, j’avais enchaîné sur Verhoeven, recueil de plusieurs romans du même auteur publié au livre de poche, me semble-t-il, dont le personnage principal est le commissaire Camille Verhoeven, petit homme au caractère bien trempé. Si le papier bible ne vous fait pas peur, foncez !

    C’est donc tout naturellement que je m’étais attendu à un nouvel opus de ce genre policier, mais quelle ne fut pas ma surprise en entamant le volume sorti cette semaine ! Rien à voir. Allez, je vous en dit plus.

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28.02.16

Bonjour, vous ! 

Quel jour sommes-nous ? Ah, le 28 Février. C’est bien à cause de demain que tous nos jours fériés nous passent sous le nez, cette année. Oui, maudit lundi.

Me revoilà ! Après un mois et demi de déménagement, je vous retrouve. Promis, je ne me suis pas laissée aller, j’ai deux ou trois perles sous le coude dont j’ai à vous parler (ça fait beaucoup de chose sous des parties du corps, tout ça.)

Après avoir dévoré du thriller, je me suis plongée dans un Zafòn pendant ma semaine de vacances, avant de m’apercevoir que je l’avais déjà lu : Le Jeu de l’ange. Je ne sais pas si ça vous arrive, de temps à autre, mais j’ai tendance à oublier parfois. Ça vous est arrivé ? Sur quel titre ? Cependant, je l’ai d’autant plus apprécié que je l’ai redécouvert, avec une approche différente de la première lecture, ce qui reste intéressant. Vendre son âme au diable ? Et pourquoi pas, selon Martin.

Et puis, je me suis laissée tenter par La Renverse d’Olivier Adam. Déçue de son précédent opus (Peine perdue), je n’ai pas souhaité rester sur une mauvaise impression. Et honnêtement, je l’ai beaucoup apprécié. Des sentiments contradictoires et un anti-héros auxquels le lecteur peut s’identifier aisément. Pas un gros coup de coeur, mais un bon moment.

Par la suite, je me suis penchée sur Le Grand Marin, de Catherine Poulain. Non seulement j’y ai presque été obligée car il s’agit de la famille de mon chef, mais les avis dithyrambiques (Le Point, La grande librairie, j’en passe) m’ont également poussée à me plonger dans ce volume. Avec un plaisir non dissimulé après lecture des premières pages. On y plonge, littéralement, et une envie de partir à l’autre bout du monde nous chatouillerai presque lorsque l’on le repose. Belle histoire, belle vie, belle personnalité. Je prendrais bien exemple. Je vous le conseille amplement.

Enfin, Hérétiques de Leonardo Padura s’est presque imposé. Je le commence à peine mais je marche déjà dans les rues de Cuba avec Mario Conde, dans l’odeur vanillée des cigarillos, à la recheche du Rembrant perdu.

Vite vite, je vous laisse, j’y retourne.
Bon dimanche, lisez.

9.01.16

Salut les yétis,

Je vous souhaite à tous une excellente année 2016 !
Plein d’aventures, de lectures, de curiosité. Plein d’amour.

Vous avez lu quoi pendant les vacances ?
J’avais simplement emmené un livre de poche dans mon sac lorsque je suis rentrée à Nantes, un titre qu’on m’avait amplement recommandé depuis plusieurs années : Le Choeur des femmes, de Martin Winckler.
On m’avait dit « tu verras, ça change ta vie, tu seras remontée à bloc après ça! » Alors certes, c’est un récit bien écrit, bien ficelé, mais comme tout ce qu’on me vante beaucoup en général, j’ai été déçue. Ce livre n’a pas changé ma vie, mais il m’a appris pas mal de choses en ce qui concerne la contraception. Alors je dirai que je le recommande à ceux qui veulent en savoir un peu plus.

Et comme je l’ai fini sur le trajet entre Niort et La Roche sur Yon, j’ai été fouiner dans la bibliothèque familiale. J’y ai déniché le dernier Tracy Chevalier sorti l’année passée : La Dernière fugitive. Je dois avouer avoir été plutôt surprise car il traite d’un thème autour duquel je n’avais jamais lu rien de similaire.
Une jeune anglaise débarque en Amérique avec sa soeur alors que le pays est encore dans sa jeunesse. S’adapter à une culture différente, à des valeurs qui ne correspondent pas à celles inculquées dans un monde de quakers reste le but final de cette femme.
Je n’ai malheureusement pas pu finir le volume, mais s’il y a quelque chose que j’ai compris, c’est que je le conseillerai sans hésiter.

Et puis, en redescendant dans le Sud, j’ai emprunté le fameux Glacé de Bernard Minier, auteur de la région de Toulouse. On l’a pas mal vu sur les tables des libraires ces dernières années et pour cause, il s’agit d’une très bonne vente. Et à juste titre. Un thriller qu’on ne lâche en aucun cas. J’ai d’ailleurs passé une ou deux nuits blanches sur celui-ci, ainsi que sur Le Cercle, la suite des aventures de Martin Servaz dans les Pyrénées. Il ne me reste plus qu’à m’attaquer au tome final, j’ai nommé N’éteins pas la lumière.

Je vous laisse sur une petite citation du deuxième tome, et en musique s’il vous plait :

« L’espoir est une drogue.
L’espoir est un psychotrope.
L’espoir est un excitant bien plus puissant que la caféine, le khat, le maté, la cocaïne, l’éphédrine, l’EPO, le speed-ball ou les amphétamines.
L’espoir accélérait son rythme cardiaque, il augmentait sa fréquence respiratoire, élevait sa pression sanguine, dilatait ses pupilles. L’espoir stimulait la production de ses glandes surrénales, amplifiait ses perceptions auditives et olfactives. L’espoir contractait ses viscères. Son cerveau dopé à l’espoir enregistrait soudain tout avec une acuité qu’elle n’avait jamais connue auparavant. »

Love, mes chatons.

13.10.15

Salut les lézards,

Je sais pas vous, mais le temps gris et le froid me poussent à avoir envie de me pelotonner sous un plaid en pilou avec un soupe au potiron et un bon roman. Dans le cas présent (et dans beaucoup de cas en fait) il s’agit d’un thriller. Et même si c’est pas sous un plaid, c’est un bon moment quoi qu’il en soit.

Pour en revenir au départ, j’étais au boulot l’autre jour quand la fabuleuse libraire d’Effets de pages (à Lisle Jourdain) a sauté à côté de mon bureau pour me dire très vite « Je suis en train de lire un bouquin, il est fabuleux, vous savez, Les Infâmes, je vous le conseille, vous en avez là-bas, édité chez Ombres noires! » Et puis elle est partie dans un souffle. Comme je sais que ses goûts sont sûrs, j’ai filé dans les rayons et à ma pause déjeuner, j’ai entamé mon sandwich et les premières pages.

Alors, s’il est vrai que je ne me serais peut-être pas penchée dessus (pour cause de bandeau accrocheur genre témoignage que je vendais chez France L.), encore une fois : « don’t judge a book by its cover » comme ils disent.

Personnellement, j’adore être surprise par des personnes qui ne sont pas ce qu’elles semblent être. Elles sont plus intéressantes parce qu’inattendues et toujours pleines de découvertes. Il en va de même pour les livres. Autant on apprécie toujours un livre du genre que l’on préfère, comme on retrouve un membre de sa famille que l’on apprécie, autant ne pas savoir à quoi s’attendre et être agréablement surpris comme on heurte un inconnu qui devient un ami peut être rafraichissant.

J’éviterai d’en dire trop sur ce volume, du coup.
Elle s’appelle Freedom Oliver. Elle évolue dans la vie à coups de rhum et son futur se résume à un bocal de médicaments. Il y a des années, elle a été mise sous programme de protection par les fédéraux après la mort de son mari, Mark. Depuis, elle est serveuse dans un bar à motards dans l’Oregon. A la sortie de prison de son beau-frère, elle décide de partir à la recherche de Rebekha, anciennement Layla, sa fille fugueuse confiée à l’adoption à sa naissance. Freedom est une femme forte, parfois un peu trop. Nessa Delaney, elle, se laissait faire, fille fragile.
S’ensuit une fuite à travers les états-unis et la rencontre d’une église un peu particulière.

Un roman qui pose la question de la détention d’armes à feu aux USA, mais également celle de la religion; jusqu’où peut-on aller par foi ?  Celle de la dualité qu’une seule et même personne peut ressentir. Et finalement, nous décrit l’amour d’une mère comme fil conducteur.

Ne soyons pas réducteurs, il ne s’agit pas que d’amour, voire presque pas clairement dans le texte, mais de suspens, de frissons et d’ongles rongés aux fil des pages tournées fébrilement.

Bonne lecture,

28.04.15

Quand vous allez au boulot tous les jours, vous êtes plutôt… blasé, motivé, sur les nerfs ?

S’il y a une chose dont je suis sûre, c’est que tout ce que vous pouvez aimer dans votre job ne supprimera jamais ces petits défauts quotidiens qui vous font soupirer parfois.

Par exemple, j’adore ce que je fais.
Ouais. Mais je vais faire la gueule parce que je dois passer quatre plombes à faire de la gestion. Ou parce que je dois côtoyer cette prétendue élite culturelle qui te prends de haut à l’occasion de divers évènements parce que tu connais pas les livres d’untel ou de machine.

C’est justement ce dont nous parle Kevin, le protagoniste de ce roman sorti chez POL il y a peu.

FullSizeRenderphoto floue salutkikout’escontent / La revanche de Kevin, I. Gran, P.O.L.

Kevin, lui, il travaille à la Radio. Il s’en fout, il a été pistonné, mais c’est un travail comme un autre, un endroit où se planquer, histoire de ne rien faire. Il a lu, beaucoup. Deleuze, et tous les grands. Il se sent cultivé – on ne parle pas d’humilité ici- avec sa mèche de hipster.
Somme toute, il est plutôt banal avec sa copine Charlotte. Mais surtout, il est en colère. Contre son patron, contre le monde entier. Bah ouais, quoi, pourquoi on l’a appelé Kevin, hein ? Kevin, c’est celtique, c’est profond mais tout le monde lui dit que c’est beauf. Tout le monde le prend pour un Kevin. Alors il veut se venger.

Pradelle est écrivain. Il a déjà été publié, mais il cherche plus haut, plus en vue.
La Grande Maison.
Et puis, un jour, au salon du livre, il tombe sur un lecteur de la maison d’édition. Alors il lui vend son dernier manuscrit, éperdument. Ils échangent des mails, il y croit, la machine est en marche. Sa femme le considère enfin comme quelqu’un qui compte.
Mais quelques mois après, plus rien. Silence radio. Alexandre Janus Smith s’est évaporé. Il est perdu.

Un roman qui, parfois, colle un rire un peu cynique aux personnes qui, comme moi, en ont marre de ceux qui se la joue puristes, élite. Le sourire ironique au fil des pages. On y déteste tous le monde et on adore les aimer quand même, paradoxalement, pour ce qu’ils (s)ont au fond.

Vous l’avez lu ?

16.01.11

J’ai mis un moment à revenir.

Les récents évènements m’ont quelque peu refroidie en ce qui concerne la rédaction d’articles sur les fringues ou ce qui se trouve dans mon assiette. J’ai trop discuté avec les personnes qui m’entourent de ce(s) drame(s). Je ne donnerais pas mon avis, mais je pense fort aux victimes et à leurs proches. Faisons en sorte que cela ne se reproduise plus. Jamais.

Show must go on, disait l’autre.
Alors continuons.


FullSizeRenderJe me suis plongée récemment dans ce pavé de 800 pages, sorti il y a tout juste un an.
Je ne sais pas, c’était une bonne vente et il m’intriguait. J’ai toujours été passionnée par la culture asiatique, mais j’avoue m’être focalisée majoritairement sur la japonaise. Sûrement ai-je trop été bercée dans cette culture nippone via les mangas, la musique de Joe Hisachi et les dessins animés de Miyazaki. Du coup, une virée dans la vie vietnamienne a su apaiser ma curiosité.

Thanh nous raconte son quotidien carcéral. Cependant, tout dans les premières centaines de pages ne conduit qu’à une introspection du héros qui fait défiler devant nos yeux son enfance. De classe moyenne, il grandit dans un village tranquille surplombé par une colline verdoyante. Pourtant, la sérénité n’est qu’apparence. Thanh découvre son homosexualité lors de ses 15 ans et, n’assumant l’opprobre qui tomberait sur sa famille si l’on venait à l’apprendre, fuit avec son compagnon du moment, le jeune vagabond Phu Vuong, fils du poète fou de la colline aux eucalyptus. De Dalat à Saigon, il se cherche à travers ses rencontres et bataille contre sa bonne éducation autant que contre la rage qui grandit chaque jour au plus profond de lui. Il cherche à réussir à tout prix; inconscient que ses parents n’attendent que son retour.

L’auteur nous emmène sur sa route pour nous faire réfléchir à la rédemption, au retour du fils prodigue, à la quête désespérée du bonheur et de l’accomplissement.
Une phrase m’a particulièrement touchée. Je vous laisse donc sur cette dernière, en espérant vous y faire penser une minute.

« Souvent, nous attribuons aux autres nos propres pensées. Une projection qui ne mène qu’à d’irréparables malentendus. « 

Bonne lecture !

5.12.14

Quand la mère de mon copain m’a passé ce livre en me disant « ça devrait te plaire! », j’ai lu le titre et je l’ai regardée. Dernier désir ?! J’en doute fort. Et puis, en rentrant d’un week-end dans le Périgord, je me suis dit Pourquoi pas. Tentons. Soyons fous.
Alors oui, son titre pourrait vous faire fuir, vous faire crier « c’est quoi ce Harlequin? » « Même Milady ne donne pas ce genre de titres à ses bouquins! »
Et vous auriez tort.___

Jonathan et Mina se sont reclus avec leur fils dans une maison isolée au fond de la campagne suite à leur trop plein de vie stressée parisienne. Dans le coin, seule une autre maison inhabitée et un château, dans lequel travaille d’ailleurs la jeune femme comme guide touristique. Un après-midi, quelqu’un frappe à la porte. Un nouvel arrivant, s’installant dans l’unique autre bicoque. Le destin fait bien les choses : Vladimir entre en matière de façon surprenante. Ils s’appellent tous Martin. S’entendent très bien assez vite. D’apéritifs en dîners, ils apprennent à se connaître. Mais Jonathan remarque rapidement que quelque chose ne va pas avec leur nouveau voisin. Mina et Romain se laissent porter, jusqu’à ce que…

Olivier Bodaçarre signe un roman d’une tension forte, à la limite de l’oppression. On ne peut que se sentir mal-à-l’aise tout au long de cette lecture. Mais la curiosité l’emporte puisque tout est amenée finement, un jeu dans lequel on rentre sans vraiment s’en apercevoir. Qui est ce voisin, que veut-il ?
Comment a-t’il trouvé tout cet argent ? Un héritage, vraiment ?

La chute vous laissera pantois. A la lecture de la quatrième de couverture, j’étais à cent lieues d’imaginer un roman d’une telle intensité. Il dérange. Et c’est parfait ainsi, puisqu’il a ce zeste de je ne sais quoi, en ce qu’il amène à se questionner sur nos relations aux autres, à notre rapport à l’argent. Est-on tous vénaux ? Le confort l’emporte-t’il toujours sur nos valeurs ? L’être humain peut-il dévier si vite ? Peut-on devenir fous, tous autant que nous sommes ?

J’ai découvert hier qu’il est le coup de coeur des libraires. M’étonne pas. Vous en avez marre du traditionnel Danielle Steel que vous offrent vos proches, des annuels Nothomb ou Higgins Clark ? Just go for it. Vous ne serez sûrement pas déçu(e)s.